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| © Mary Ellen Mark |
dimanche 16 juin 2013
Girls just want to have fun
jeudi 23 mai 2013
Bernard Plossu / Françoise
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| © Bernard Plossu |
...ces photographies de Françoise… elles parlent du sentiment de l’amour, de la tendresse, de la vie en commun avec nos enfants. A part deux faites à l’instamatic, où Françoise court avec les enfants sur la plage en Andalousie, le pays de ses racines, toutes les autres sont faites avec l’objectif de 50 mm, monté sur mon vieux Nikkormat, car cet objectif est le plus proche de la vision "normale" (!) : ainsi aucun effet, le réel tel qu’il se présente avec sa poésie directe, de jour comme de nuit ; avec la pluie ou le soleil, en voyageant, en dormant, en se regardant, en se photographiant…
Bernard Plossu
lundi 20 mai 2013
I wanna be your dog
dimanche 12 mai 2013
Sally Mann / Three graces, 1994
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| © Sally Mann |
La photographie de Sally Mann fait écho à une longue tradition iconographique qui jalonne l'histoire de l'art en peinture comme en sculpture, des fresques de Pompei à Niki de Saint Phalle, de Lucas Cranach à Raphaël, de Rubens à Maillol, d'Antonio Canova à Jean-Baptiste Regnault.Ce sujet mythologique permet de représenter trois femmes nues (et très semblables) sous trois points de vue différents, comme si le spectateur pouvait embrasser du regard le corps d'une seule et même femme (les trois corps étant d'ailleurs souvent unis par un gracieux enlacement, formant une sorte de ronde).
Les trois grâces incarnent l'allégresse, l'abondance et la splendeur : la vie dans son apogée et sa plénitude.
Ici, Sally Mann et ses deux filles au sommet d'une colline. Se conformant aux règles de représentation des trois personnages mythologiques, elles sont nues et se tiennent l'une l'autre, la figure centrale tournant le dos au regardeur. Il ne s'agit pas ici de la déclinaison du corps d'une seule et même femme, mais d'une femme dans ses trois âges (adulte, adolescente et enfant) et leur filiation les fait se répondre en miroir.
Sally Mann fait oeuvre d'iconoclasme. Bafouant l'iconographie traditionnelle qui fait des trois grâces un idéal féminin de pureté et de beauté, ses trois grâces prennent une dimension moins idéale et plus charnelle, plus animale. Elles n'incarnent pas une perfection divine : la pilosité de la mère, leurs marques de bronzages en font bien des femmes et des créatures profanes. Elles brisent également les codes de la représentation du corps nu des femmes en photographie qui se doit, la plupart du temps, d'être soit de l'ordre du désirable, soit de l'ordre de la perfection esthétique.
Maintenant, ce qui s'impose en premier lieu de façon scandaleuse : elles urinent. Debout. Il faut le reconnaitre, l'endroit semble bien peu propice à la pudeur socialement exigée de la part des femmes quand il s'agit d'uriner (ou quand il s'agit d'autres fonctions corporelles). Et les trois affranchies de s'accaparer une posture bien masculine : pisser debout.
Et plus qu'aucunes autres, les trois grâces de Sally Mann incarnent bien la vie dans son apogée et sa plénitude, une irrésistible exaltation cathartique et originelle, une exultation transgressive et libératrice du corps dans la nature et dans sa nature. Un retour aux sources, en somme.
dimanche 14 avril 2013
Madame rêve
samedi 13 avril 2013
Man Ray / Larmes, 1932/33
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| © Man Ray Estate |
Dieu compte les larmes des femmes.
Talmud, traité Baba Métsiâ 59.
Voilà l'une des photographies les plus célèbres de Man Ray.
Ce que l'on oublie souvent, c'est que ces larmes eurent d'abord une vocation publicitaire. L'image fut en effet réalisée pour faire la promotion du mascara Cosmecil Arlette Bernard. Madame, pleurez au cinéma, pleurez au théâtre, riez aux larmes, sans crainte pour vos beaux yeux...
Je laisse Clément Chéroux vous en dire plus :
Le plan serré sur cet oeil féminin extatique, aux cils-tentacules chargés de noir, aux larmes factices-perles-bijoux (comme deux petits globes oculaires) qui se refusent à couler, vient créer une perte de repères par sa troublante proximité.
Madame pleure, mais que regarde-t-il cet oeil-vulve-animal ?
Le visage disparaît dans le hors champ de l'image pour ne laisser place qu'à une "vision" désincarnée et hermétique (elle se refuse à toute interprétation fictionnelle), exempte de dimension émotionnelle.
On se saura rien d'autre que la révulsion de l'oeil et le refus des lois de la gravité des larmes.
mercredi 10 avril 2013
Jeux de mains
© Berenice Abbott, Laure Albin-Guillot, Dieter Appelt, John Baldessari, Lillian Bassman, Aurel Bauh, Herbert Bayer, Ruth Bernhard, Adolphe Bilordeaux, Jacques-André Boiffard, Edouard Boubat, Pierre Boucher, Anton Giulio Bragaglia, Bill Brandt, Brassaï, Denis Brihat, Claude Cahun, Mario Castagneri, Mark Cohen, Alfred Cohn, John Coplans, Imogen Cunningham, Walker Evans, Alain Fleischer, Robert Gober, David Goldblatt, John Gutmann, Johan Hagemeyer, James Hall Nasmyth, Erich Hartmann, Horst P. Horst, Jean-Louis Igout, René-Jacques, Pierre Jamet, Gaston Karquel, André Kertész, François Kollar, Germaine Krull, Dorothhea Lange, Eli Lotar, Dora Maar, Adrien Majewski, François Michel, László Moholy-Nagy, Pierre Molinier, Ugo Mulas, Isabel Muñoz, Nickolas Muray, Félix Nadar, Shirin Neshat, Gabriel Orozco, Roger Parry, Edouard de Pazzi, Irving Penn, Man Ray, Alix Cléo Roubaud, Jeanloup Sieff, Aaron Siskind, Southworth & Hawes, Edward Steichen, André Steiner, Alfred Stieglitz, Maurice Tabard, Arthur Tress, Auguste Vacquerie, Francis Viscuso, Todd Webb, Vladimir Zidlicky, Guillaume Zuili.
vendredi 22 mars 2013
Guillaume Zuili / Smoke & Mirrors
Si Guillaume Zuili est un photographe de la ville, son oeuvre n'a rien de documentaire. Il en
explore l'espace, le temps comme la mémoire. Ici, la photographie apparaît, dans son procédé
comme ses procédures et ses dispositifs, non pas comme un moyen d'inscrire le réel, mais de
le réécrire, le réinventer, sur un mode hallucinatoire qui trouble, altère notre perception et la
met en question.
Dans ses photographies de la série "Los Angeles, Smoke & Mirrors", par l'utilisation du
sténopé, il efface le réel, le banal, le quotidien, provocant tout à la fois un surgissement de
l'invisible et une disparition du visible.
Le photographe dessine une longue errance à travers Los Angeles, comme une quête
impossible d'un rêve américain inaccessible. Dans l'espace soudain devenu incertain de la
photographie, se trame une ville qui se dessine et tout à la fois se disloque. Des silhouettes
fantomatiques jalonnent les images. Ca et là, un building se dresse, une voiture spectrale se
glisse, une enseigne s'allume... Autant de visions d'où émerge un au-delà de la photographie,
donnant un profond sentiment d'irréalité et de déréalisation. Alors tout semble altéré, le
monde perd pied, bascule et se renouvelle dans des images improbables, qui semblent réunir
des traces sédimentaires, échos de vagues résurgences mémorielles. La photographie noyée
dans la brume et les reflets trompeurs du mirage américain.
La ville palpite, coule et se refuse, sans jamais offrir aucun point d'ancrage. Le rêve américain
semble affleurer dans chaque image sans jamais vraiment s'incarner. Juste quelques bribes, un
palmier, des cow-boys en carton-pâte, un éclairage nocturne, des strip-teaseuses factices qui
se dessinent en ombres chinoises.
La photographie de Guillaume Zuili est de l'ordre de la révélation, de l'évocation/invocation
d'une ville réinventée, de sa mémoire, ses leurres et ses symboles.
Il le dit lui-même : "I go straight to the symbols and leave reality".
Les photographies de Guillaume Zuili seront présentées à Art Paris par la galerie Catherine Houard (stand D7) du 28 mars au 1er avril 2013.
vendredi 4 janvier 2013
Solarisée
© Eve Arnold, Hans Bellmer, Pierre Boucher, Blanc & Demilly, Erwin Blumenfeld, Marcel Bovis, Brassaï, Wynn Bullock, Denise Colomb, Konad Cramer, Carlotta Corpron, Gordon H. Coster, Max Dupain, Josef Ehm, Andreas Feininger, Gene Fenn, Gertrude Fehr, Heinz Hajek-Halke, Heinrich Heidersberger, Dora Maar, Gjon Mili, Lee Miller, Laszlo Moholy-Nagy, Jean Moral, Roger Parry, Irving Penn, Man Ray, Eugène Rubin, Bohumil Šťastný, André Steiner, Alfred Stieglitz, Maurice Tabard, Raoul Ubac
Solarisation (ou effet Sabatier) : Phénomène physico-lumineux qui permet, par une sur-insolation globale de l'image obtenue après développement et avant son fixage, de transformer celle-ci en son négatif. Un liseré caractéristique se forme aux zones de transition claire-sombre.
In Petites cosmogonies, Patrick Bailly-Maître-Grand.
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête.
Paul Eluard, Je t'aime in Le phénix.
Paul Eluard, Je t'aime in Le phénix.
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| Man Ray, Primat de la matière sur la pensée, 1931 |
Dans la lignée de Man Ray, les surréalistes procèderont à nombre de subversions photographiques par la solarisation, le brûlage, le grattage ou les distorsions, mettant alors à l'épreuve l'épreuve photographique comme le réel.
Si par la solarisation les surréalistes, et d'autres photographes après eux, ont bouleversé le corps de l'image, c'est aussi le corps féminin qui s'en est trouvé le plus souvent bouleversé.
Fiat lux, et lux fuit. L'exposition à la lumière vient engendrer une autre révélation photographique. Et l'image devient le lieu de l'étrangeté, de la métamorphose des corps et des désirs, femmes spectrales flottant, visages dévorés, beautés convulsives et convulsées, où le rêve côtoie le cauchemar et la beauté le monstrueux.
lundi 24 décembre 2012
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